Origine et histoire du Musée Zola-Dreyfus
Le musée Zola-Dreyfus de Médan occupe la maison qu’Émile Zola acquit en 1878 grâce aux droits de L’Assommoir, 7e tome des Rougon-Macquart. Il y vécut 24 ans, y écrivant huit romans dont Germinal et La Bête humaine, et y mena une double vie familiale. La propriété, agrandie avec les tours Germinal et Nana, devint un lieu de réunion pour le groupe de Médan (Zola, Maupassant, Huysmans, etc.), qui y conçut Les Soirées de Médan (1880), recueil de nouvelles inspiré par la guerre de 1870.
À la mort de Zola en 1902, sa veuve Alexandrine légua la maison à l’Assistance publique pour en faire un établissement de convalescence. Transformée en école pour ambulanciers (1982-1983), elle fut classée monument historique en 1983. En 1984, le musée Émile-Zola y fut inauguré, restituant son décor d’origine (salon aux vitraux, bureau, cuisine en carreaux de Delft) grâce à des objets personnels, des photographies et des archives de l’écrivain. Le site abrite aussi, depuis 2021, le premier musée permanent dédié à l’Affaire Dreyfus, soulignant l’engagement de Zola.
Le musée Dreyfus, installé dans le pavillon Charpentier et le Lazaret, explore les thèmes de la justice, de l’antisémitisme et des médias, en lien avec les combats contemporains. Inauguré par Emmanuel Macron en octobre 2021, il propose des expositions temporaires (comme celle sur la BD de Jean Dytar) et des activités pédagogiques pour les scolaires. Le domaine, géré par l’association Maison Zola-Musée Dreyfus, perpétue également le pèlerinage annuel en hommage à Zola, initié en 1903 par ses amis.
La maison de Médan symbolise le croisement des destins de Zola et Dreyfus, deux figures de la lutte pour la vérité. Le projet muséal, porté par Pierre Bergé et Eli Wiesel, vise à transmettre aux jeunes générations les valeurs de tolérance et d’engagement. Le musée aborde des enjeux actuels comme les fake news, la cancel culture ou le rôle des intellectuels, tout en conservant des traces tangibles de la vie quotidienne de Zola : sa chambre, ses photographies, ou ses manuscrits.
Architecturalement, le domaine allie la maison principale, avec ses tours emblématiques, et les bâtiments annexes (Lazaret, pavillon Charpentier) dédiés à Dreyfus. Classé Musée de France et labelisé Monument historique, le site est un lieu de mémoire littéraire et citoyenne, attirant chercheurs, scolaires et visiteurs internationaux. La scénographie, signée Christophe Martin, et les ressources numériques en font un outil pédagogique moderne, ancré dans l’histoire des Yvelines et de l’Île-de-France.